Bérengère, fondatrice du Thé des Dames (portrait)

Bonjour Bérengère, peux-tu te présenter en quelques mots aux lectrices du blog ?

Tout d’abord, merci pour ta proposition d’entretien. Je m’appelle Bérengère de Monbois (qui est un nom d’emprunt ayant un rapport avec mon cheval de cœur lorsque j’étais adolescente, mais je m’appelle vraiment Bérengère), j’ai 28 ans et vis à Paris, mais plus pour très longtemps ! J’aurai la chance de pouvoir déménager dans une maison à la campagne d’ici un an. Les personnes qui me suivent pourront s’attendre à davantage de recettes de cuisine mais aussi à de nouveaux sujets : le fait maison (cosmétiques, produits d’entretien, conserves alimentaires, remèdes avec des plantes…), le jardinage, les tenues vestimentaires adaptées à la campagne… Et j’espère assez rapidement, les chevaux et le dressage ! Je me suis convertie au catholicisme romain en 2019, avant cela j’étais agnostique et suis malheureusement tombée dans le piège de l’ésotérisme pendant quelques mois, sans toutefois aller trop loin, Dieu merci ! Si cela vous intéresse, je raconte l’histoire de ma conversion dans l’une des vidéos de ma chaîne YouTube.

Cela est peu commun mais j’ai deux métiers. Je suis à la fois illustratrice pour l’Atelier Bérengère de Monbois et formatrice en savoir-vivre pour Art de vivre à la française, société que nous sommes en train de lancer avec le cofondateur. J’aime faire et m’intéresse à tellement de choses qu’il était difficile pour moi de n’avoir qu’une seule activité, qu’un seul projet. Si vous êtes comme moi, alors n’hésitez pas à diversifier vos activités professionnelles. Je suis aussi cavalière de dressage et j’ai un blog, Le Thé des dames, qui parle principalement de féminité et d’élégance et qui a été grandement inspiré par… Femme à Part ! Par ailleurs j’ai un chien qui s’appelle Wookie et qui me fait rire tous les jours. J’essaie de souvent partager ces moments drôles et attendrissants en stories sur mon compte Instagram.

Comment en es-tu venue à t’intéresser aux sujets liés à l’élégance, aux bonnes manières et à la féminité ?

Ce sont des sujets qui m’ont toujours intéressée mais avec lesquels j’ai complètement perdu contact au fil du temps, notamment à cause du monde dans lequel nous vivons. On m’a dit de nombreuses fois que l’élégance et la féminité étaient ridicules, d’autant plus que j’ai toujours eu un côté et des goûts que l’on pourrait qualifier de petite fille modèle (on a employé plusieurs fois ce qualificatif de façon péjorative me concernant…), et j’ai fini par céder au fur et à mesure du temps… Néanmoins, quand je regarde la vie des personnes m’ayant tenu un tel discours, je ne peux que constater à quel point elles sont généralement malheureuses, perdues et instables. Et je peux vous garantir que cela a bel et bien à voir avec cette façon de penser, ce rejet du Beau et de la nature au final, mais c’est un autre sujet. Le déclencheur qui a réveillé ces intérêts a d’abord été mon compagnon puis ma conversion au catholicisme romain. A la suite de ces deux événements, je me suis intéressée davantage à la féminité et à l’élégance, principalement grâce à mon compagnon dans la mesure où il m’a permis de croire à nouveau en mes idéaux, de renouer avec la personne que je suis vraiment, avec les désirs et les rêves que j’avais étant enfant.

Quant aux bonnes manières, je m’y suis intéressée car je voulais tout simplement être prête à rencontrer les parents de mon compagnon dans les meilleures conditions possibles ! Mais mon intérêt a vite crû car le savoir-vivre parle d’un monde que j’aurais aimé connaître et auquel je me sens appartenir. Je pense d’ailleurs qu’aujourd’hui, l’aristocratie au sens noble du terme a bien plus à voir avec des valeurs fortes, une vaste culture et une rigoureuse concordance sans faille entre ses idées et ses actes qu’avec un nom ou une fortune (notons que les nobles n’étaient pas nécessairement riches d’ailleurs). Ces sujets incontournables par le passé étaient des pratiques transmises des parents aux enfants et évidentes pour la plupart des gens. Je le dis souvent mais nous avons perdu une quantité de connaissances sur ces sujets et bien d’autres qu’il est important de ne pas les laisser se perdre pour toujours, d’autant plus que ces connaissances sont vraiment utiles et propices à l’épanouissement et à la sanctification de chacun. Il existe d’ailleurs différents types de ressources pour se former : livres, blogs, chaînes YouTube (souvent en anglais), podcasts… Autre exemple, la série Downton Abbey m’a permis de remarquer et d’analyser plusieurs manières qu’il faut ou ne faut pas faire pour être vraiment distinguée et élégante. J’entends bien que tout le monde n’a pas nécessairement envie de se perfectionner à ce point, mais ce n’est pas mon cas, j’aime faire attention aux détails et suis perfectionniste pour beaucoup de choses.

Comment as-tu eu l’idée de créer le Thé des Dames ? Peux-tu nous présenter le blog et la chaîne YouTube ?

Ma seconde inspiration concernant le Thé des Dames est la chaîne YouTube et le blog de Mrs Midwest. Son contenu m’a donné envie de faire comme elle et constatant qu’il n’y avait presque aucune femme française sur les réseaux sociaux incarnant et parlant de féminité, je me suis donnée cette mission. Je trouve qu’il est important de pouvoir observer des personnes qui incarnent ce qu’elles prônent, c’est donc la raison pour laquelle je tenais à me montrer, même si je ne suis bien sûr pas parfaite, j’essaie d’être la plus exemplaire possible car nous manquons presque toutes cruellement de modèles réels sur lesquels s’appuyer, desquels s’inspirer. Il va sans dire que je m’inspire et prends aussi exemple sur d’autres femmes, je le répète, je ne suis pas parfaite, personne ne l’est mais nous pouvons nous inspirer les uns des autres et se tirer vers le haut. Le blog et la chaîne YouTube ont les mêmes thèmes principaux : la féminité et l’élégance. Mais j’y aborde aussi des sujets comme les relations de couple, les relations amicales et familiales, les bonnes manières, la cuisine… et je donne des conseils, principalement tirés de mon expérience et de mes lectures, pour s’améliorer dans le but de se sanctifier et de tendre toujours davantage vers le Bien

Je n’aborde cependant pas ces sujets d’un point de vue catholique car je voulais parler à davantage de personnes. Avant de me convertir, je n’aimais pas trop les discours du genre « Dieu a dit qu’il fallait faire ceci, ne pas faire cela » car ils n’avaient pas de fondement logique pour moi. En revanche, le même discours abordé sous un angle différent, justifié par un raisonnement logique pouvait me convaincre. Par exemple, lorsque je parle de décence vestimentaire, j’essaie de faire appel à des arguments logiques, rationnels et auxquels des personnes non croyantes peuvent adhérer (l’aspect plus pratique d’une jupe sous le genou qui ne nécessite pas qu’on tire tout le temps dessus contrairement à une jupe courte qui ne cesse de remonter par exemple), même si ces arguments sont bien sûr en totale concordance avec les dogmes catholiques. Toutefois, je parle aussi des arguments purement catholiques car je pense qu’il est important de les faire connaître. Par ailleurs, j’ai décidé de faire quelques vidéos autour du catholicisme sur la chaîne YouTube. Sur mon compte Instagram, je parle de sujets un peu plus divers, généralement en stories. J’y partage mes lectures, des extraits de celles-ci (photo en story ou vidéo IGTV dans laquelle je lis à voix haute), des idées de tenues et de coiffures et d’autres sujets divers et variés.

Pour toi, qu’est-ce que la féminité ? Et l’élégance ?

Beaucoup de choses ! Pour une femme, l’un ne va pas sans l’autre à mon sens. La féminité s’exprime à travers la douceur et la délicatesse des intentions, des gestes et des paroles, mais aussi dans le don de soi (prendre soin des autres et chercher à leur faire plaisir par exemple), la pudeur (liée au corps et aux informations que l’on donne sur soi), un certain mystère, la créativité, la discrétion, l’humilité, la grâce, l’élégance (de la tenue vestimentaire, de la gestuelle, de la posture, des mots, du cœur…), la distinction… Il est aussi important de prendre soin de soi et de son logis si l’on veut s’épanouir dans sa féminité.

Quant à l’élégance, je la définirais presque de la même façon ! On peut néanmoins noter qu’elle implique une certaine discrétion, une grâce, un raffinement et une harmonie des formes, des couleurs et des lignes. Il n’y a qu’à consulter le site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales pour s’en convaincre, n’oublions d’ailleurs pas que les mots ont un sens et que tout n’est pas subjectif. Ce sont des grands traits nécessairement généraux, mon propos n’est pas de dire qu’une telle ne serait pas féminine ou élégante si elle ne cochait pas toutes les cases. 

Est-ce que la féminité est « innée » ou est-ce quelque chose que l’on peut cultiver ?

A mon sens, les deux propositions sont vraies. Je m’explique, la féminité est innée dans la mesure où toute femme a naturellement certaines caractéristiques, certains comportements, certaines tendances, certains goûts propres à son sexe, même si toutes les femmes ne sont pas pareilles entendons-nous bien.  Néanmoins, la féminité se travaille et se cultive, particulièrement aujourd’hui où très peu de femmes ont eu la chance d’avoir pour modèle une mère pleinement féminine ET d’avoir échappé aux injonctions (je dirais même au lavage de cerveau) contre-nature que nous servent les médias et la culture (notamment à travers les films et les séries).  Combien de femmes étaient féminines fut un temps et le deviennent de moins en moins au fil du temps à cause de l’époque actuelle ? On dit que la féminité est pleine de vices, qu’elle est ridicule, désuète, discriminatoire et que sais-je encore… Mais les personnes qui pensent cela sont-elles seulement capables d’argumenter en long et en large, de façon logique, objective et honnête en faveur de leur ubuesque thèse ? Jamais. 

Je voudrais vraiment que les femmes se rendent compte qu’elles ne sont PAS à l’origine de beaucoup de choses : l’avortement, les tenues immodestes, l’arrivée des femmes sur le marché du travail (pour détruire la famille et pour que l’état ait davantage d’influence sur les enfants ; ceci étant dit je ne suis pas contre le fait qu’une femme ait un emploi)… L’impulsion de départ ne vient pas d’elles, elles ont été manipulées au fur et à mesure pour être en faveur de ces idées, pour agir de telle ou telle façon. Il est capital de comprendre cela pour analyser ses opinions, ses idées de façon critique, objective et sincère. 

Beaucoup pensent que la féminité et l’élégance sont réservées à une élite ou alors nous rendent tout de suite « hautaines ». Es-tu d’accord avec cela ? Comment faire pour ne pas tomber dans ce genre d’écueil ?

Cher lecteur, je vous invite à relire ma réponse à la question 4. Pensez-vous que j’y décris une femme hautaine ? Que les traits caractéristiques de la féminité énoncés soient réservés à une élite ? Pas du tout. Devenir féminine nécessite simplement la volonté de renouer avec sa féminité ! Souvenez-vous que rien de grand et de véritablement Beau ne s’obtient sans effort (je paraphrase peut-être une citation mais je suis incapable de la retrouver, veuillez m’en excuser). Lorsque l’on cherche à s’améliorer, cela demande toujours certains sacrifices, de la persévérance, de l’humilité, des moments peu agréables mais on produit ces efforts avec joie car on sait que cela nous rendra plus heureux et nous sanctifiera ! Être hautain signifie se comporter de façon arrogante et dédaigneuse. Pour éviter cela, cultivez les valeurs inverses : l’humilité, la compassion, la douceur, l’empathie, la charité… Rappelons-nous que chaque personne a son propre cheminement, qu’il faut encourager et féliciter les efforts déjà faits, mais aussi dénoncer avec tact, délicatesse et honnêteté les erreurs, en faisant bien comprendre aux gens qu’on ne porte pas de jugement sur eux mais sur les actes, sur les idées. Si on ne dit jamais ce qui ne va pas, ce qui nécessite une correction, si on ne dénonce jamais les erreurs, comment aider les autres à progresser et à tendre vers le Bien ? Nul n’est supérieur à l’autre, mais nous pouvons et nous devons nous soutenir les uns les autres en ayant toujours pour objectif de tendre le plus possible vers le Bien.  Et bien sûr, ayons recours à la prière en demandant au Bon Dieu de nous aider à combattre nos défauts, à faire le Bien et à acquérir davantage de vertus. Seuls, nous ne pouvons que très peu.

Peux-tu partager avec nous une citation que tu affectionnes particulièrement ?

Je connais peu de citations catholiques étant assez nouvellement convertie, mais il y en a deux de Sainte Bernadette qui m’ont beaucoup touchées : « Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant. » et « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. » Et j’essaie d’appliquer dans ma vie une citation du général L’Hotte concernant le dressage des chevaux « Calme, en avant et droit. ». Il s’agit d’ailleurs de la devise du Cadre Noir de Saumur.

Merci Bérengère pour ce bel entretien !

Retrouvez-la sur son blog, sa chaîne YouTube ou son compte Instagram.

Ces articles peuvent également vous intéresser : Les portraits de la rentrée : Manon, créatrice du groupe “Accoucher sans péri, c’est possible !” et Les portraits de l’été : Ana, créatrice de robes de mariées

Crédit photo : Bérengère.

Une réflexion sur “Bérengère, fondatrice du Thé des Dames (portrait)

  1. Christine dit :

    Merci Bérangère pour ces mots. Je pense comme vous qu’il est important de rester droite en ce que l’on pense juste même si c’est difficile. Et je reconnais que je suis envieuse : vous avez tout compris avec 20 ans de gagné par rapport à moi ☺️ Bravo 🙏🏻

Laisser un commentaire