Les portraits de la rentrée : Manon, créatrice du groupe “Accoucher sans péri, c’est possible !”

Thérèse – Bonjour Manon, peux-tu te présenter aux lectrices en quelques mots ?

Manon : Bonjour à tous ! Maman catholique de 27 ans, j’ai le bonheur d’être mariée depuis 7 ans. Nous avons eu la grâce d’accueillir 4 enfants, 2 garçons puis 2 filles, qui ont aujourd’hui 6 ans, 4 ans 1/2, 3 ans 1/2 et 1 an. Après ma licence de Lettres à l’ICES, j’ai validé mon Master 1 Professeur des Ecoles à Lyon III enceinte de notre 1er enfant , puis j’ai arrêté là mes études afin de rester au foyer auprès de notre bébé. Je suis une passionnée de chant , de couture, et le sujet de la maternité – sous toutes ses formes – me captive. Pour finir, je viens de lancer mon entreprise en partenariat avec une très bonne marque (Forever) pour aider les mamans à garder la pêche durant leurs grossesses, à prendre soin d’elles en tant que mère malgré toutes les difficultés du quotidien et l’éducation des enfants, nouveau challenge à relever depuis chez moi !

T. – Comment en es-tu venue à créer le groupe « Accoucher sans péri, c’est possible ! » ?

M. À l’époque où j’avais du temps (à perdre) sur les réseaux sociaux, j’ai beaucoup participé aux échanges et débats sur le groupe Facebook « Au bonheur des mamans ». De nombreuses fois j’ai été attristée par le discours de certaines mamans sur la grossesse, l’accouchement et même le travail des femmes. Je ressentais de plus en plus au fil du temps que la vocation à la maternité n’était plus transmise, qu’elle était vidée de son sens. L’idéologie moderne avait atteint son but : tout se valait tant que la maman faisait un choix qui la rendait heureuse, tout était une affaire de préférence, d’équilibre subjectif, mais trop rarement je lisais des mamans dire que quelque chose de supérieur devait guider nos choix de femmes et d’épouses. La transcendance. Le don de soi. L’abnégation. Le sens du sacrifice. L’oubli de soi par amour. Autant de termes qui provoquaient incompréhension, colère, jalousie et aigreur. Je me passionnais pour tous les échanges autour de l’accouchement, mais quand j’osais aborder ces valeurs pour expliquer pourquoi je souhaitais accoucher naturellement (sans avoir recours à la péridurale), tout s’inversait : le mal, c’était mon discours.

Ce qui m’a le plus marquée, c’était de lire des témoignages de mamans qui avaient tout en elles pour avoir de beaux accouchements naturels, mais qui étaient si mal conseillées, et qui n’étaient pas renseignées, qu’elles passaient à côté de la beauté de l’enfantement et des astuces pour bien vivre leur accouchement. Je prenais beaucoup de temps à répondre à ces posts/débats pour ou contre la péridurale et, recevant beaucoup de critiques, je ne me sentais plus à ma place. J’eus envie de proposer une aide à toutes ces mamans pour illuminer le regard sur l’accouchement, pour conseiller les futures mamans. Alors comme le terrain semblait désert sur Facebook, j’ai lancé en avril 2015 le groupe « Accoucher sans péri, c’est possible ! ».

T. – Quel est l’objectif de ce groupe ?

Si vous avez déjà accouché sous péridurale, vous pouvez tenter sans la prochaine fois ! Cet événement est si grand qu’il peut nous impressionner, nous faire peur, et c’est normal ! Grâce à ce groupe, je souhaite que toutes les mamans enceintes, ou en devenir, se sentent entourées et encouragées afin de découvrir (ou de conserver) une magnifique vision de l’accouchement. Cela est permis grâce aux récits de naissance naturelle émouvants et épiques que laissent les membres sur le groupe. Je désire qu’en lisant cette page, les membres voient l’accouchement naturel comme ce qui devrait être la « norme », à savoir accoucher par voie basse, sans intervention médicale, sans péridurale, et qu’elles comprennent que l’accouchement est leur « affaire », pas celle des médecins.

Ce groupe est une bulle positive pour les mamans enceintes, il les aide à voir l’enfantement comme un processus incroyable, à croire en elles, à faire confiance en leurs corps, en les capacités naturelles que le Bon Dieu nous a données. Et surtout avec les deux autres administratrices, nous souhaitons ré-informer les femmes : la grossesse n’est pas une maladie, l’accouchement n’est pas comparable à une opération et ne doit être une souffrance subie. Il nous faut sortir de la vision (hyper)médicalisée de la naissance qui consiste à se faire tout-petit et timide devant un protocole très souvent imposé. J’aspire à ce que les femmes sachent qu’être mères, cela veut dire DONNER LA VIE ! Et pour la donner, il faut s’y investir à 100 %, dans la confiance, même quand cela ne tourne pas forcément en accouchement de rêve. Le groupe encourage les mamans, motive celles qui ne sont pas soutenues par leurs entourages, mais aussi les forme en donnant des conseils, des astuces pour mieux gérer la douleur et en rappelant que nulle personne (même du corps médical) ne peut décider à notre place le jour J.

T. – Quels sont les bénéfices pour une maman d’accoucher « au naturel » ? Et pour l’enfant ?

M. Accoucher naturellement, c’est d’abord être à l’écoute de son corps et respecter la physiologie de la maman et du bébé. C’est préserver le cocon d’une aventure familiale, sans intervention médicale qui nous dit quoi faire, comment le faire, dans quelle position le faire. Accoucher sans péri, c’est se préparer à accueillir la douleur des contractions en étant en osmose avec son bébé qui descend, sans chercher à fuir, à endormir les sensations de ce 1er acte d’amour de la mère. Cela évitera à la maman de tomber dans la peur, le stress, l’angoisse, surtout si on favorise l’atmosphère cocoon et intime (lumière tamisée, douceur des bougies, silence, pas de blouse, pas de bips de machine) et la maman secrétera alors des endorphines : indispensables pour bien récupérer entre chaque contraction, c’est ce repos qui favorise la détente et donc la descente du bébé dans le bassin ! Ces hormones sont très bénéfiques aussi au bébé qui ressentira le bien-être de sa maman.

Bébé et maman vivent la même intensité ensemble, dans un abandon mutuel. La maman donnera aussi une plus grande valeur à l’implication du papa qui est un roc pour elle et le bébé ce jour-là. Il aura un rôle très actif pour soutenir la maman et cela palliera le sentiment d’impuissance que beaucoup ressentent quand ils regardent leur femme « souffrir » sans savoir comment la soulager. L’accouchement naturel évite aussi bien des complications durant le travail, l’expulsion et la délivrance. Il suffit de regarder les études : avoir une péridurale, une intraveineuse ou un monitoring fœtal électronique en continu signifie généralement que vous serez confinée au lit, incapable de marcher ou de changer de position alors que cela facilite l’accouchement. Sous péridurale, on accepte d’aller se faire piquer par une aiguille de 8 à 10 cm, on favorise des interventions médicales inutiles à cause d’un bébé qui se présente dans la mauvaise position, forceps, ventouses, épisiotomie, déchirure, césarienne, on prend le risque de paralyser ses jambes le temps du travail (voire plus…), on est relié à des machines, on nous empêchera de manger et de boire pendant le travail, et on se rend compte que cela peut même compliquer les débuts de l’allaitement. Pourtant, une femme qui est bien nourrie et hydratée, si elle en ressent le besoin, est plus forte et prête pour endurer les contractions. La liberté de mouvement rend le travail plus facile, et souvent plus rapide, et l’expulsion est simplifiée par la poussée réflexe. Une maman ayant accouché naturellement se remet bien plus facilement et rapidement qu’une maman ayant accouché sous péridurale. Cet acte n’est vraiment pas anodin…

T. – Comment bien se préparer pour accoucher sans péridurale ? Des livres, des exercices physiques, de la préparation mentale ?

M. Déjà il faut bien comprendre qu’accoucher cela se prépare comme l’on prépare un marathon. Donc il faut croire en soi en n’ayant jamais à l’esprit de demander la péridurale ; se renseigner, parler de nos souhaits à l’équipe de sage-femmes (éventuellement en leur transmettant un projet de naissance écrit), lire des livres sur le sujet comme J’accouche bientôt : que faire de la douleur ? de Maïtie Trélaün ou Accoucher sans péridurale d’Aurélie Surmely. Beaucoup de mamans du groupe m’ont confié par exemple que la lecture de tous les récits de naissance du groupe les avait renforcées en leur donnant confiance en elles. Je pense que c’est 97 % de mental ! On peut choisir la préparation qui nous correspond le mieux : la sophrologie, la piscine, le chant prénatal, la méthode Bonapace, il y en a un certain nombre ! Et bien avoir en tête quelques bases pour favoriser la descente du bébé :

  • rester une bonne partie chez soi, ou pourquoi pas jusqu’au bout
  • utiliser des positions physiologiques
  • faire des sons graves
  • se mettre dans un bain chaud
  • pratiquer la visualisation
  • avoir une personne qui est aux petits soins
  • entendre de douces paroles positives…

T. – Dans notre société où l’accouchement est surmédicalisé et la grossesse vue comme une maladie, un accouchement au naturel, et pourquoi pas à domicile, a-t-il encore sa place ?

M. Bien évidemment ! Et je dirais qu’à l’ère du retour au naturel, au bio, et au physio, cette manière de voir la grossesse et l’accouchement est en vogue. Même si plus de 80% des femmes accouchent sous péridurale, je pense que c’est une question que les femmes se posent de plus en plus, soit par féminisme (vouloir ne pas être dépossédées de leur corps), soit par respect du physio, soit parce qu’elles ont compris que l’enfantement était vraiment un acte d’amour qu’elles veulent vivre pleinement, non un acte médical devant suivre un protocole. Contrairement à la France, où 99 % des naissances ont lieu à l’hôpital, les Pays-Bas ont préservé la tradition des accouchements à domicile, qui concerne aujourd’hui une femme sur six. J’ai mis au monde mes 2 filles à la maison (nos deux derniers enfants), et cela fut grandiose : mon mari est un convaincu de l’AAD (accouchement à domicile, ndlr) et nous ne nous verrions pas choisir délibérément d’accoucher à l’hôpital. Heureusement qu’ils sont là pour aider en cas de nécessité bien sûr, mais c’est tellement fabuleux de vivre ces moments hors du temps, si intenses émotionnellement, chez soi ! Donner vie à nos bébés dans leur foyer, c’est un vrai trésor que les femmes devraient conserver. Et en plus d’être confortable pour la maman et pour le papa, c’est tellement plus reposant pour nos bébés : même si vous devez savoir que vous êtes libres de refuser tout cela, à l’hôpital le protocole applique toute une batterie de tests, de produits injectés dans les yeux, et en prime un bain et un habillage, alors que nos bébés n’ont qu’un besoin, le sein de leur mère contre la chaleur de sa peau. La difficulté demeure dans le manque considérable de sages-femmes AAD par rapport à la demande. C’est aussi intéressant de se renseigner sur d’autres alternatives comme l’accouchement en plateau technique ou en maison de naissance (mais il y en a peu en France).

T. – Si tu devais donner un conseil à toutes les femmes qui vont te lire pour les aider à vivre sereinement leur accouchement, naturel ou pas, quel serait-il ?

M. Réappropriez-vous cet acte d’amour si beau et profond ! La première des sécurités, ce n’est pas l’hôpital, c’est la confiance à avoir en vous et en votre bébé. Préparez-vous dans la joie, durant toute votre grossesse, croyez-en vous, votre corps sait faire, vous n’avez plus qu’à vous faire passage.

T. – Pour conclure, peux-tu partager avec nous ta citation favorite ?

M. Yes, We Can ! 🙂 Plus sérieusement, j’aime énormément celles-ci:
« Le mystère qui est lié à la femme est inéluctablement lié à la vie » . « Vivre la naissance d’un enfant est notre chance la plus accessible de saisir le sens du mot miracle » .

Merci Manon de nous avoir présenté avec tant de passion ce qu’est un accouchement naturel !

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Crédits photos : Manon Y.

18 réflexions sur “Les portraits de la rentrée : Manon, créatrice du groupe “Accoucher sans péri, c’est possible !”

  1. AT dit :

    Tout simplement magnifique ! Quel bonheur de voir une maman exprimer si simplement et si vraiment la beauté de la maternité ! Il n’y a rien de plus vrai : un accouchement réellement vécu comme don de soi et accueil de l’enfant est vraiment ressenti comme un miracle. Et la place du papa assimilé à un roc…c’est tellement vrai 🙂

    Je garde l’adresse du groupe pour pouvoir le transmettre à d’autres. Existe-t-il quelque chose autrement que sur facebook ?

    • Thérèse dit :

      Merci pour ce retour positif ! Je crois qu’il est question de divers livres sur le groupe en question, si cela peut vous aider. Et régulièrement ils relaient des articles, des émissions, etc.

  2. Marie dit :

    Merci beaucoup de cet article qui contient beaucoup d’éléments intéressants et concrets, notamment pour la préparation ( sophrologie, méthode Bonapace…).

    Néanmoins, il est aussi important de ne pas culpabiliser les mamans qui, pour une raison ou pour une autre, prennent la péridurale, qui contrairement au terrible avortement ou au port du vêtement d’homme, n’ai pas en soi un acte mauvais, et n’a jamais été proscrit par l’Eglise. Il est bon en effet d’informer les mères de ce qu’est la péridurale, et que ce n’est pas un passage obligatoire, mais il ne faut pas non plus imposer l’abstention de péridurale comme une doctrine!
    Tout le monde en effet ne se marie pas à 18 ou 20 ans et n’accouche pas à 21 ans, âge où on est au top de la forme physique et mentale, et où on est plutôt insouciante !

    Quand on a le premier enfant à la trentaine, la résistance physique n’est pas la même. Et quel que soit l’âge, nous ne sommes pas toutes égales face au stress, selon ce que nous avons vécu, l’éducation reçue… Même si on a employé tous les moyens possibles pour le diminuer ! De plus, certaines jeunes femmes se disent: j’essaie de ne pas prendre la péridurale, car je sais que c’est beaucoup plus sain pour le bébé de l’éviter, mais il y a tellement de complications parfois, et ça dure pour certaines tellement longtemps ( 40h…) que la nécessité peut se faire sentir ! Je pense qu’il est très important pour soi même de s’adapter au réel, qui est souvent loin de ce que nous avions prévu, et surtout de ne pas juger les autres mères, ce qui est hélas très courant dans notre milieu. Les circonstances imprévues manifestent souvent la volonté de Dieu, et rien ne sert de vouloir jouer à tout prix les “super women” !

    Effectivement, pour les suivants, ce peut être plus facile de ne pas prendre la péri, car c’est moins l’inconnu, le stress est moindre, et le corps est habitué, les organes moins contractés car ayant déjà travaillé dit on.

    Enfin, tant mieux pour celles qui y arrivent, mais celles pour qui ce n’est pas possible restent néanmoins d’excellentes mère, qui ont donné, non sans souffrance, le meilleur d’elles mêmes : la vie!!!

    • Thérèse dit :

      Je crois que ce groupe a surtout pour vocation d’encourager les femmes et de leur montrer qu’elles ont toutes les ressources en elles-mêmes et sont capables d’accoucher sans péridurale et de façon moins médicalisée. Il ne jette la pierre sur personne et veut seulement faire entendre sa voix dans une société où la grossesse est presque vue comme une maladie et l’accouchement comme un acte dont la femme est presque totalement dépossédée. Bien sûr, peut-être que parfois on ne peut pas faire autrement. mais cela n’empêche pas de présenter un idéal tout à fait atteignable et pour lequel les mamans sont ensuite très reconnaissantes 🙂

  3. edelweiss dit :

    Bravo, très bon article ! C’est si rare d’entendre bien parler de l’accouchement !

    Pie XII, le 8 janvier 1956, a approuvé dans un discours la technique de l’accouchement naturel indolore. Pie XII expliquait que la mère chrétienne pouvait soulager les douleurs de l’enfantement à condition toutefois que la méthode utilisée ne soit pas un danger pour la mère et l’enfant. Mais cette méthode n’avait rien à voir avec la péridurale, dont l’utilisation est très récente en obstétrique.

    Jamais l’Eglise ne s’est prononcée à son sujet. La péridurale peut avoir des effets néfastes pour la mère et pour l’enfant, mais on n’en informe pas les futures mamans. Elle peut notamment entraîner :
    – la stagnation du travail, et donc conduire à une césarienne.
    – une expulsion nettement plus longue avec augmentation de l’utilisation des forceps / ventouses et lésions périnéales.
    – les substances utilisées se retrouvent encore dans les urines de l’enfant un mois après l’accouchement.

    La péridurale n’est malheureusement pas un progrès pour les femmes. Elle ne sert bien souvent qu’à palier le manque cruel d’effectif dans les maternités.

    La douleur de l’accouchement peut être considérablement réduite si on respecte les besoins de base de la parturiente et qu’on la soutient. A l’inverse, le non respect de ces besoins élémentaires, le stress, la médicalisation excessive décuplent la douleur, rallongent le travail et favorisent les complications. Pas étonnant qu’ensuite, les femmes aient besoin de soulager une douleur qu’on a artificiellement rendue intolérable !

    • Thérèse dit :

      Vous avez raison, on trouve énormément de clés sur ce groupe pour accoucher avec moins de douleurs. Quand on voit que la position “imposée” en hôpital est mauvaise pour la maman et rend son travail plus difficile, on se demande encore si le bien-être de la maman et du bébé est pris en compte…

  4. Marie dit :

    Certes mais les risques de la péridurale sont de moins en moins importants, car les médecins savent de mieux en mieux doser.

    La plupart de mes connaissances ont accouché avec péridurale, et mamans comme bébés se portent à merveille ! Sans aucune séquelle, et sans toutes les complications que vous décrivez, Edelweiss, et qui restent certainement des exceptions aujourd’hui.
    D’autant que j’ai entendu dire que les sages femmes et gynécologues étaient beaucoup plus respectueux des demandes de leurs patientes qu’auparavant, et écoutaient tout à fait les mamans qui ne souhaitaient prendre la peri que si ca se passait trop mal.

  5. Marie dit :

    Et je parle de mères qui ont eté bien accompagnées, avec sofrologie, respiration, méthode Bonapace, et soutenues par leur mari … Et qui ont néanmoins eu des accouchements longs et compliqués, et qui ont fini par demander la péridurale !

    Je le répète, tout le monde n’accouche pas à 20 ans…

  6. Emma dit :

    Je suis d’accord avec Marie. J’ai moi-même eu 5 enfants sans péri. Des magnifiques accouchements, rapides et sans complications…. avec de magnifiques bébés!
    Mais je serais plus douce dans mes réflexions. Donner la vie est un moment unique avec beaucoup d’incertitude, de peur, de doute. Serai-je à la hauteur? Y arriverai-je? Et je parle de cela, dans un contexte aisé, sûr, un couple uni, confiant en la Providence, donc sans prendre en compte une situation compliquée… rajouter la pression de pas prendre la péridurale c’est un peu se battre contre des moulins à vent!
    Pour mon premier enfant, j’avais vraiment la pression. Les femmes autour de moi me disaient: “ah moi j’ai accouché sans péri facile”, je me disais que si je prennais la péri j’étais une mauvaise mère. Ce qui est faux! L’important c’est d’avoir du bon sens: ne pas diaboliser la médecine ( les femmes avant mouraient en couche ou suite de couche, les bébés aussi) ni ne pas l’utiliser à l’excès ( césarienne de confort). Comme l’Eglise, je pense qu’on doit avoir un juste milieu.
    Si l’on peut accoucher sans péridurale tant mieux si on ne peux pas on accouchera aussi avec amour son enfant! Hélas l’état naturel n’existe plus depuis le péché originel, il y a maladie, mort, il y a des situations où la péridurale est nécessaire et prudente ( encéphalie du bébé par exemple)
    C’est très beau d’accoucher sans péri et le travail de Manon est génial pour redonner la confiance aux mamans dans ce sens). Mais ne culpabilisons pas les femmes qui accouchent avec péri, elles ne pêchent pas. Il n’y a pas de mal à cela. On n’est pas des “super-women” ni de bonnes mères parce qu’on accouche de façon naturelle. On a juste eu des circonstances physiques, morales, environnementales qui nous ont permis d’accoucher sans péri, mais comment aurait-on réagit dans un autre contexte?

    • Thérèse dit :

      Merci Emma pour votre témoignage et votre commentaire ! Comme vous le dites, le groupe est là pour redonner confiance et restaurer un climat favorable pour que la maman puisse choisir en toute liberté.

  7. MCC dit :

    Bonjour Thérèse ,
    Y aurait il un autre moyen que Facebook pour avoir un aperçu du travail de Manon qui semble très intéressant ?
    Par ailleurs pour rejoindre ce que disait Marie , il ne faut pas” diaboliser” la péridurale, car même si dans les faits on veut s’en passer, les circonstances de l’accouchement ne sont presque jamais celles prévus par notre imaginaire de jeune maman. Dans mon cas , l’accouchement a été très long et après une journée où on est à peine nourri “par précaution”et que bébé n’est toujours pas là , autant vous dire qu’il n’y a plus de force pour assurer la suite … alors au lieu de risquer d’autres complications, il vaut mieux se replier vers ce moindre mal (la péridurale) …
    Un grand merci pour tout .

    • Thérèse dit :

      Bonjour Marie, non je crois que ce groupe n’existe que sur Facebook… En revanche il mentionne plusieurs livres donc je sais qu’il existe une certaine littérature à ce sujet qui doit être très éclairante aussi !

  8. TG dit :

    Merci Marie pour vos commentaires plein de bon sens! C’est bien joli les grandes théories mais quand on est confrontée à la réalité sur la table d’accouchement, que votre bébé est entre la vie et la mort et que votre mari se demande s’il sera veuf d’un instant à l’autre car votre vie aussi est en suspens, je peux vous dire que ces théories s’envolent ! Il y a d’excellentes sages-femmes, sachons les écouter. Et arrêtez de vouloir toutes être de supers women….

    • Thérèse dit :

      Je ne crois pas que Manon parle de ce genre de situations extrêmes, qui ne sont pas la norme et ne peuvent pas servir de référence. Et je ne suis pas d’accord avec vous, nous avons toutes le potentiel d’être de supers femmes, chacune à notre manière et selon nos capacités bien sûr.

  9. edelweiss dit :

    Statistiquement, les effets secondaires néfastes sont loin d’être exceptionnels pour la mère et l’enfant, contrairement à ce répètent à l’envie les anesthésistes et les obstétriciens. L’OMS qualifie même d’ »anormaux » les accouchements sous péridurale.

    La péridurale peut certes devenir une solution dans certains cas médicaux particuliers. Mais elle n’est pas une solution pour l’ensemble des femmes qui accouchent.

    Quelques maternités font effectivement un travail remarquable, prennent effectivement soin des parturientes et favorisent l’accouchement naturel. Mais c’est loin d’être la règle. Les violences obstétricales sont très fréquentes, à tel point qu’aujourd’hui, 6 % des femmes sont diagnostiquées en état de stress post-traumatique après leur accouchement. Par rapport à la péridurale, une étude de l’INSERM de 2015 montrait que 52 % des femmes qui la refusent, se la voient posée contre leur volonté !

    Il est d’ailleurs surprenant de constater que les taux de césariennes et de péridurales les plus élevés de France sont détenus par des cliniques catholiques (Clinique Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus, clinique Sainte-Félicité, clinique des Franciscaines…)

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