L’élégance, au-delà des apparences 1/2

Cette conférence a été donnée à Lille le 29 janvier 2020. Je vous copie ici mes notes, pardonnez-en le style un peu oral. Vous pouvez retrouver la version audio ici.

La bonté sans beauté paraît bancale (et vice-versa). Et la beauté sans vérité paraît bancale aussi (superficielle, fausse – cf. perruque, trop de maquillage, faire des manières…). On sent que la beauté est essentielle, mais on a peur de tomber dans la vanité, dans l’orgueil. Ou au contraire on a une mauvais estime ou image de soi alors on préfère dire que la beauté est inutile et mauvaise, car cela nous donne une échappatoire. La beauté, est-ce une grâce ou un défi ? L’équilibre est à trouver, et à garder. Il s’agit d’en comprendre l’enjeu pour nous, et pour les autres. La beauté de l’âme, l’élégance du cœur se reflètent extérieurement, de façon très visible et visuelle. Je ne vais pas beaucoup insister sur ces notions, qui me paraissent évidentes (si notre cœur est vide, nous n’avons rien à rayonner et à partager) et qui seront abordées dans les autres sessions de cette formation. Notre beauté est à explorer et à révéler : elle ne peut pas être gardée pour nous. Ce que nous allons voir pendant les deux heures qui suivent, c’est la beauté en elle-même, et par rapport à nous-même. Puis, dans une deuxième partie, la beauté pour les autres, la beauté à partager, la beauté moyen d’apostolat.

Se connaître et s’accepter

Quand on est fidèle à soi-même et au plus proche de sa nature donnée par Dieu, que l’on découvre et reconnaît la beauté qui est en nous, il est plus facile de s’accepter, d’avoir confiance en soi. Plus besoin d’en faire des tonnes, de se vanter, de jouer un rôle : on est soi-même, en toute simplicité. C’est ce que je vous souhaite aujourd’hui en tout cas. Je voudrais vous accompagner pour vous faire découvrir cette beauté qui est en vous et vous apprendre à la rayonner autour de vous. Nous avons toutes nos complexes (trop vieille, trop petite, rondeurs de grossesse, trop maigre, trop grosse, cheveux bouclés, cheveux fins etc). Cela peut nous pourrir la vie, surtout selon le moment de notre cycle, si l’on est plus « fragile ». La femme a besoin de se sentir aimée et admirée, c’est son moteur, c’est ce qui la booste au quotidien et lui donne la force et le courage de se donner et de faire plein de choses pour sa famille et pour ceux qui l’entourent. Mais parfois quand on se regarde dans le miroir le matin, ce n’est pas vraiment cela. Et comme la femme a besoin de se sentir aimée et admirée, elle va parfois chercher à plaire à TOUT prix et tomber dans la séduction, la sensualité, les vêtements vulgaires ou indécents. Il existe un équilibre ! « Il n’est pas tout à fait juste de penser que seule la beauté intérieure compte. Si cette beauté intérieure est trop enfouie, trop invisible, elle ne se donne à personne. La beauté intérieure doit déborder à l’extérieur. Elle déborde dans le courage, dans la douceur, dans la joie, dans la tendresse, dans la vie de celle qui la porte. La beauté intérieure soit irradier tout l’être et se manifester avec son visage unique et merveilleux à l’extérieur. » (Claire de St Lager)

A. Qu'est-ce que la beauté ?

Définition : Qui fait éprouver une émotion esthétique ; qui plaît à l’œil. Qui fait naître un sentiment d’admiration ou de satisfaction. Je ne ferai pas de cours de philosophie là-dessus, ce n’est pas l’endroit, mais oui, la beauté est objective (cf. Saint Thomas d’Aquin). Aujourd’hui, il y a une perte de repères, le faux devient vrai et le laid devient beau (cf. art contemporain). Il ne pas tomber dans ce piège. Aujourd’hui, sous prétexte que les canons de beauté sont TROP exigeants ou superficiels (cf. réseaux sociaux), on part dans l’extrême inverse et on glorifie la laideur ou la maladie, tout devient beau (Vous pouvez écouter mon podcast sur la grossophobie). “La vraie beauté n’est pas un idéal inatteignable ou une simple tentation à être vaniteuse. Dieu veut que les femmes soient belles. Il a placé dans les femmes le désir de la beauté, pour qu’elles puissent révéler Sa beauté au monde » (Carrie Gress)

D’où vient-elle ? De Dieu, de la nature, de la génétique. Et de nous-mêmes : alimentation, hydratation, hygiène de vie, soins et crèmes, maquillage, brushing. Certaines choses dépendent de nous, d’autres non. Objectivement, certaines paraissent plus gâtées que d’autres (symétrie du visage, harmonie globale, boutons, rides, cheveux gris, poils…) et cela peut susciter l’envie ou la jalousie. Mais quand on regarde de plus près, les femmes sont de toute façon souvent insatisfaites et veulent ce qu’elles n’ont pas (cf. cheveux). Nous sommes plus sévères envers nous-mêmes qu’envers les autres. Et n’oublions pas que nous sommes d’éternelles insatisfaites, et que cette façon de voir les choses peut se corriger. Comment ? En pensant que nous avons tout reçu de Dieu, que nous sommes ce que nous sommes, et que nous devons faire avec. Ce n’est pas une fausse résignation, de la dépression et du laisser-aller. Mais il faut plutôt essayer de voir le côté positif. Se concentrer sur ce que l’aime chez soi. Merci Seigneur pour la merveille que je suis ! Merci de me donner la santé etc. Peut-être à faire avec les ados, qui se cherchent et qui complexent beaucoup ? Il faut les accompagner dans la transformation de leur corps, les accompagner pour qu’ils soient eux-mêmes et ne deviennent pas quelqu’un d’autre à force de vouloir copier les autres (tous en uniforme). Notre personnalité s’exprime aussi à travers notre beauté d’une certaine façon.

Est-elle innée ou faut-il travailler dessus ? Les deux, comme nous l’avons vu, donc il faut à la fois accepter ce que l’on a, et en même temps en tirer le meilleur et l’utiliser à bon escient. Nos dons naturels, spirituels ou intellectuels ne doivent pas être gâchés. Les dons physiques non plus. Oui, certaines choses sont innées, mais cela ne nous empêche pas de « travailler » cette beauté. S’accepter et rester « au naturel » ne signifie pas : je me lève le matin, je ne me regarde pas dans le miroir, je fuis mon image, je ne fais rien et tout doit rester “en friche ». Le naturel, c’est ne pas se déguiser, ne pas être quelqu’un d’autre. Cela se travaille : trouver les bons produits qui nous conviennent, la bonne coupe de cheveux qui met notre visage en valeur, les gestes qui vont ralentir le vieillissement de la peau (crème solaire, massages…). Nous devons être actrices de cette beauté.

Y a-t-il un standard de beauté pour nous toutes ou chacune incarne la beauté de façon particulière ? Standards : culturels. Effets de mode : coiffures, épaisseur des sourcils, façon de se maquiller, mode vestimentaire aussi, etc. Mais c’est un cadre dans lequel chacune doit se sentir libre et doit pouvoir s’exprimer et trouver quelque chose qui lui convient. La culture nous conditionne, mais il n’y a pas de mal à vouloir sortir un peu des rangs (attention, ne pas devenir ridicule pour autant). Importance de choisir ce qui est bon pour nous et pas uniquement vouloir faire plaisir aux autres. “A chercher une forme de beauté parfaite et stéréotypée, on se lance dans une quête infinie, une traque aux défauts plus ou moins imaginaires, mais on en perd aussi sa spécificité et son caractère » (Claire de Saint Lager).

B. Être, paraître et avoir confiance en soi

Le lien est souvent fait entre être soi-même et avoir confiance en soi. Quelqu’un qui est dans l’apparence uniquement, dans le mensonge et le déguisement, dans l’exagération ou dans la discrétion excessive est quelqu’un qui vit un décalage entre ce qu’il est et ce qu’il montre. Cela peut provoquer malaise, mal-être, et rendre mal dans sa peau. Cela peut être source de renfermement ou de superficialité (qui cache souvent un manque de confiance aussi). Qu’est-ce qui nous fait dire qu’une femme a l’air bien dans ses baskets ? Quand elle est à l’aise, qu’elle parle à tout le monde, qu’elle semble naturelle, qu’elle sourit, qu’elle est gentille, qu’elle fait attention aux autres mais qu’elle se dévoile aussi un peu. La beauté vient du charme d’être soi-même. La beauté n’est pas que plastique, mais vient aussi de l’attitude, de la tenue, du charisme. Nous ne sommes pas des poupées Barbie rigides et coincées, mais des femmes naturelles avec leurs petits défauts. Elles sont plus authentique et donnent plus envie, car sont plus naturelles et plus réelles. « Nos mères savaient vieillir… elles acceptaient bravement et ingénument les cheveux blancs et les rides ; elles remplaçaient la beauté par l’esprit, la jeunesse par la grâce, la galanterie par la bonne humeur, l’amour par l’amitié. »

Importance de la cohérence entre l’intérieur et l’extérieur. Il ne faut pas se déguiser, mais ne pas se laisser-aller non plus : il s’agit de mettre en valeur la beauté reçue, le naturel, ce que nous sommes, ce que nous devons être (exigence de la vertu par exemple, ou encore exigence du milieu professionnel dans lequel on évolue) et ce que voulons être (personnalité, vocation). Notre visage doit refléter notre âme. C’est l’âme que l’on doit voir et pas le maquillage. Le maquillage est là pour camoufler certaines choses, et en mettre en valeur d’autres, mais pas pour nous déguiser. Idem pour vêtements : ils doivent être vrais, bons et beaux, et montrer qui nous sommes. Le vêtement nous conditionne aussi (cf. costume pour les hommes ou robe pour les femmes qui nous aident à nous redresser et à nous tenir mieux). Faisons nos choix en conséquence et soyons cohérentes. Ajoutons que le féminisme nie la vraie beauté (ou bien promeut une beauté qui avilie, ou bien promeut la laideur sous couvert d’acceptation de soi). “Tout le monde peut tout faire tant qu’il se sent libre et personne n’a le droit de juger” : il n’y a rien de plus faux, nous sommes dans une société et nous ne sommes pas individualistes, nous ne vivons pas seules et nous ne sommes pas des animaux. Il faut avoir une certaine exigence envers soi-même.

Difficile d’avoir confiance en soi. Difficile de se trouver belle. Si je posais la question, je ne sais pas quel est le pourcentage de femmes qui oseraient dire spontanément et sans hésiter qu’elles se trouvent belles. Il y a aussi la peur de paraître vaniteuse, et le manque de confiance en nous. Mais beauté ne veut pas dire perfection. Revenons-en à la définition du début : qui fait éprouver une émotion esthétique ; qui plaît à l’œil. Qui fait naître un sentiment d’admiration ou de satisfaction. Il n’est pas impossible d’avoir confiance en soi. Donnons-nous les moyens de nous aimer et de nous apprécier. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par des professionnels (coiffeur, conseillère en image…) si besoin. N’hésitez pas à relire le témoignage de la façon dont s’habille une mère de famille dans cet article.

La suite de la conférence est ici.

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Crédit photo : Pexels.

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