Lettre d’un homme à une femme : osons la sainteté ensemble

Cet article est paru en premier dans la revue Clé de feu en 2009. Je la reproduis ici avec l’aimable permission de son auteur.

Lettre d’un routier

Chère guide-aînée,

La beauté d’une femme me touche et me fascine tout à la fois. Je veux te dire dans cette lettre combien ta beauté intérieure compte beaucoup à mes yeux. Quand nous nous croisons, quand nous discutons, quand nous nous découvrons, ce n’est pas seulement à ton corps que je désire m’intéresser mais bien à toute ta personne. L’amitié avec toi, que tu sois cheftaine ou guide-aînée, est pour moi un trésor inestimable. Si précieux que je ne voudrais surtout pas le gâcher. J’ai besoin de toi pour devenir saint.

Tu sais en effet la profonde influence que tu exerces sur moi : un simple sourire et je me jetterai sans hésiter du haut du plongeoir, un seul regard admiratif et j’entrerai sans broncher dans l’eau froide de l’océan au printemps. À la suite de Guy de Larigaudie [1], je ne peux que t’inviter à exercer également cette influence dans le domaine de la pureté.

Tu dois savoir qu’il y a une différence entre toi et moi dans ce domaine. Les garçons ne sont pas plus vicieux que les filles ; cependant il nous faut faire des efforts souvent très importants et dont vous ne vous rendez certainement pas compte pour rester purs dans nos pensées. Par exemple, la vue d’un jeune homme dont le bermuda est trop court sera pour toi principalement une source d’amusement, alors que de mon côté, la vue d’une jolie jeune fille en mini-short avec un haut très serré éveillera facilement une pulsion sexuelle. Or, tu te souviens que « tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur » (Mt 5, 28). Tu me rendras donc un immense service si tu t’appliques à pratiquer la vertu de modestie, qu’on appelle aussi pudeur.

En 1941, Pie XII invitait les jeunes femmes à se soucier du regard que les hommes portent sur elles : « Oh ! Combien justement on a observé que si certaines chrétiennes soupçonnaient les tentations et les chutes qu’elles causent chez les autres par leurs toilettes et les familiarités auxquelles, dans leur légèreté, elles accordent si peu d’importance, elles s’épouvanteraient de leur responsabilité ! »

Cette pudeur à laquelle je t’appelle à mon tour est la gardienne naturelle de la chasteté, elle qui a tant de prix à mes yeux dans un monde où sa pratique relève souvent de l’héroïsme. La pudeur est donc en ce sens un moyen de pratiquer la charité envers les hommes en général, et envers moi et mes frères routiers en particulier, nous qui avons cet ardent désir de maîtriser notre cœur jeune, fragile et généreux. Tu peux nous faire confiance pour y parvenir ; ainsi, ta charité envers moi n’ira pas à l’encontre de ta féminité. Mettre ton corps en valeur, c’est glorifier notre Créateur : ce corps, il te l’a confié comme le temple de Son Esprit Saint.

Force est de reconnaître que l’exercice est pour toi des plus périlleux : être belle sans être source de tentation est un juste équilibre à conquérir. La Vierge Marie est pour toi un modèle de perfection : aurait-elle pu porter tel ou tel vêtement, avoir telle ou telle attitude ? À Fatima, au début du XXe siècle, elle a révélé à la bienheureuse Jacinthe : « Certaines modes seront lancées et offenseront gravement mon Fils. » Voilà une bonne raison d’avoir une attitude sélective vis-à-vis de la mode.

Aie donc la bonté de nous épargner ce pantalon trop serré, cette jupe trop courte, ce décolleté trop ouvert ou encore ces vêtements trop transparents, car nous avons du mal à en détacher notre regard. Le jeu en vaut la chandelle : « Une femme pudique est une double grâce » (Si 26,15) et je te promets que tes efforts porteront du fruit.

Ta pureté peut réellement illuminer ma vie. Je crois fermement que nous avons beaucoup à nous apprendre et que nous pouvons être l’un pour l’autre non pas source de faute mais bien d’enrichissement. Osons la sainteté ensemble.

Benoît H. Perrin, Clé de feu, numéro 58 (octobre 2009), p. 18-20.

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Crédit photo : Pexels.

4 réflexions sur “Lettre d’un homme à une femme : osons la sainteté ensemble

  1. Géraldine dit :

    Bonjour, Wahou, je prends conscience que je n’ai jamais été éduquée quant à la sexualité des hommes. Rien pendant la scolarité. A mon époque, on abordait seulement la reproduction humaine sous l’angle du cycle féminin. Sinon juste un cours sur les stimuli visuels d’ordre sexuel chez les poissons !! Que c’est drôle ! Dans ma jeunesse, j’ai lu plusieurs ouvrages pratiques pour m’informer sur le sexe, mais je ne me souviens pas d’avoir lu ce genre de précisions. Il faut que j’arrive à plus de 40 ans pour lire des articles qui font un peu mieux que de sous-entendre les choses, sans toutefois les exprimer de manière très explicite je dois dire…
    Merci, Thérèse, d’avoir relayé cet article.
    Géraldine

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